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  • Frédéric Lordon : leur dette, notre démocratie - transcription

    Vous vous souvenez peut-être de l'intervention très forte de Frédéric Lordon lors du colloque co-organisé par Attac et Médiapart... Eh bien Saadia m'en a envoyé la transcription ( merci à elle !) et elle est en-dessous  ( et là en PDF)


    "Leur dette, notre démocratie" : Frédéric Lordon

     

    Frédéric LORDON

    Leur dette, notre démocratie

     

    Conférence du 15 Janvier 2012 organisée par ATTAC et Médiapart

     

    Puisque les questions de cette table ronde sont posées carrément, j'ai pris le parti d'y répondre de même, c'est-à-dire sans circonlocutions inutiles. La question, c’est : « Quel remède à la crise démocratique européenne ? », ma réponse : « Le soulèvement ou la table rase par l'effondrement financier ».

     

    La démocratie représentative est morte...vive l'oligarchie autistique ?

     Ce sera l'un des deux en tout cas ; car la chose que par charité, nous persistons à appeler « démocratie représentative » est morte et bien morte, et ça fait un moment déjà : souvenez-vous de l’époque gratinée du Traite Constitutionnel Européen... Il apparaît aujourd’hui de plus en plus visiblement que nous vivons dans un régime politique assez spécial que nous pourrions qualifier d' « oligarchie autistique » et dans lequel il n'y a plus aucun mécanisme endogène de correction, plus aucune force de rappel entre gouvernés et gouvernants, et où presque tous les mécanismes de médiation et de représentation sont effondrés. Il faudrait parler des médiations médiatiques, syndicales et c’est évidemment la médiation proprement politique qui est en cause, à voir en tout cas le splendide deuxième tour qui s’annonce déjà et qui nous réserve dans le meilleur des cas l' équivalent fonctionnel radieux de la succession Papandreou par Papademos, Berlusconi par Monti, et Zapatero par Rajoy, et tout ce que vous voulez, c’est-à-dire le remplacement du même par le même. Et si d’aventure il y en a parmi vous qui auraient décelé dans le programme du candidat dit « socialiste » la moindre velléité de mise en cause sérieuse des structures de l’Europe néolibérale, surtout qu’il nous le fasse connaître...

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  • Non, Monsieur Sarkozy, le peuple n'a pas une mémoire de poisson rouge !..

    Il est quelque peu agaçant que le représentant du peuple français prenne celui-ci si ostensiblement pour un poisson rouge.

    Car en appeler à la mise en place de référendums sur quelque sujet que ce soit quand on s'appelle N. Sarkozy, c'est nous prêter bien peu de mémoire... Car notre colère rentrée est toujours là ! Personne de ceux qui ont voté Non au réféndum de Mai 2005 ( 54,7% des votants, tout de même) n'a oublié que son vote a été conchié par le Président de la République en Février 2008. Le peuple n'est pas un poisson rouge.

    Bizarrement, l'opposition n'a pas relevé la chose.... Il est vrai que le PS avait permis au Traité de Lisbonne d'être ratifié en s'abstenant massivement lors de la modification de la Constitution à Versailles... le mépris du peuple en somme est assez bien partagé...

  • "Compétitivité", qu'ils disent tous...

    Bon..je manque de billes intellectuelles pour bien argumenter, mais tout de même, je sens bien qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le concept de "compétitivité"... Parce que si on se plie à cette exigence présentée comme l'alpha et l'oméga de toute politique économique, on va de toute évidence dans le mur... Evidemment on me rétorquera qu'il suffit d'être dans l'innovation, de savoir proposer des produits de meilleure qualité, répondant mieux aux besoins des clients... Je n'y crois pas ! La preuve par Renault qui va ouvrir une nouvelle usine à Tanger si j'ai bien compris....une énorme usine... Ils n'ont pas innové, nos ingénieurs, chercher à répondre mieux aux désirs des clients???

    Bon. Soyons plus clair. Celui qui avance le mot "compétitivité" est nécessairement d'accord avec le libre-échange, c'est à dire la mise en compétition de tous contre tous, et soyons clair là aussi, au détriment des salariés jamais assez flexibles et peu chers. En somme, qui utilise ce mot est d'accord avec le cadre de la mondialisation libérale.

    En ce sens, N. Sarkozy me hérisse le poil ( mais ce n'est pas un scoop...), et F. Hollande m'agace profondément ( malheureusement, ce n'est pas un scoop non plus...).